• Le scandale des températures négatives.

     

    On entend souvent parler, à la téléradiodiffusion, de températures négatives. Il y a là matière à réflexion.

    En physique, quand la mesure d'une grandeur change de signe, "passe de positif à négatif", ou l'inverse, il y a changement qualitatif.

    Exemples :

    • notre vitesse change de signe : on repart dans l'autre sens ;
    • la puissance affichée par notre compteur électrique change de signe : on gagne de l'argent ;
    • le déroulement du temps change de signe : on rajeunit ;
    • la masse d'un objet change de signe : on crie au génie, ou on l'interne.

     

    Mais quand la mesure d’une température change de signe, que se passe-t-il ? À la différence des exemples précédents, cela dépend de l'échelle de température employée, donc de la culture ambiante.
    Quand le nombre indiquant la température passe de positif à négatif :

    • Fahrenheit voit son mélange d'eau et de sel congeler puis refroidir encore ;
    • Rømer, dont s'est inspiré Fahrenheit, fait de même, à une température différente, avec un mélange différent d'eau et de sels ;
    • pour l'échelle de Delisle, on chauffe ! on franchit à la hausse la température d'ébullition de l'eau ;
    • Celsius, Réaumur, Newton ou Centigrade voient leur eau congeler, en refroidissant plus ou moins vite ;
    • si on emploie l'échelle thermodynamique (kelvin ou degré Rankin), on bascule dans un univers parallèle (ou peut-être perpendiculaire) : on traverse l'infini, on approche de dieu (certains prétendent qu'on approche de l'infini en traversant dieu).

     

    Illustrons la chose : quand, en France, la température passe par exemple de + 2 à – 5 degrés Celsius, et que vous affirmez que la température devient négative, que cela représente-t-il pour un Écossais, adepte du système impérial (et qui utilise rarement l’échelle de son compatriote Rankin) ? Il ne voit rien de négatif, il voit seulement qu’il fait un peu plus froid, et il ne comprend pas à quoi correspond ce changement de signe.

    Le seul phénomène physique intéressant qui se produit au « passage de la valeur 0°C », quel que soit le sens, est la fusion ou la solidification de l’eau, phénomène intéressant qui doit au génie des Lumières de se dérouler justement à la température de 0 °C.

    Quand nos météorologues (ou plutôt journalistes spécialisés dans la description du temps qu'il a fait) parlent de température négatives, sont-ils conscients des forces obscures qu'il mettent en branle ?
    L'expression "températures inférieures à zéro degré Celsius", longue et laide, seule conduit à la sérénité de l'âme.


    Quand on crie au génie, je ressens comme un froid.

     


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