• Comme on nous parle

    Rubrique prochainement en ligne, je vais regrouper en un seul blog plusieurs qui sont inutilement dispersés, celui-ci étant

    http://comme-on-nous-parle.eklablog.com/ (lien ci-contre à droite vers "Comme on nous parle").

    "Il faut voir comme on nous parle" (Souchon)

    Pour les amoureux du langage, et aussi de la langue française, une erreur de langage,  c'est  comme une fausse note pour un mélomane : le sens du beau est la première victime - et puis le sens du sacré...

    Mais l'esthétique n'est pas toujours la seule victime de l'erreur : les mots véhiculent des idées, et se tromper de mot, c'est se tromper d'idée. Et on dit alors autre chose que ce qu'on veut dire. C'est la liberté qui souffre !

    L'erreur de vocabulaire est loin d'être la seule en cause : une erreur de construction, ou de ponctuation, peut conduire au même résultat calamiteux.

     Un exemple mémorable est donné par Pagnol dans son film Manon des sources (1952) : le maire (Fernand Sardou) rend visite dans sa classe à l'instituteur (Raymond Pellegrin), et sourit avec condescendance quand il apprend que la leçon porte sur la ponctuation. L'instituteur demande alors à un élève d'écrire une phrase au tableau :

    "L'instituteur, dit le Maire, est un âne"...

    Le maire affirme qu'il n'en pense rien, avec un sourire qui montre le contraire. "Attendez, Monsieur le Maire". Et l'élève écrit la phrase suivante :

    "L'Instituteur dit : le Maire est un âne".

    Le sourire se fige. 


     Dans ce blog, je me contente de m'amuser des erreurs que je rencontre. Il se peut que je me moque un peu, gentiment. Parfois, malgré moi, méchamment.

    Mais si dans un billet je commets une erreur justifiant qu'on s'en amuse, ou qu'on s'en moque, je serais très content qu'on me le fasse savoir savoir : mes bêtises à moi m'amusent autant que celles des autres.

     

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    Le ministre Castaner parle de suspension « systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré » de racisme dans la police, et c'est la révolution.

     

    La notion de « soupçon avéré » est contradictoire, il s’agit d’une tournure de langage défaillante. Si un soupçon s’avère, il ne devient pas un soupçon avéré, il perd sa qualité de soupçon.

     

    Un soupçon de racisme qui s’avère devient un délit de racisme.

     

    Il aurait fallu dire (erreur du ministre), il aurait fallu comprendre (mauvaise foi de ses détracteurs) : « s’il y a soupçon de délit de racisme, il y a enquête ; si le délit de racisme est avéré, il y a sanction ».

     

    Peut-être est-il nécessaire de préciser que le mot "soupçon" connote le doute, "avérer" la certitude.

     

     

     


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