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Présentation

Publié le par Phaustroll


[Les nouveaux articles apparaissent en-dessous de cette présentation.]

Clinamen, modeste bloguscule : ceci est un blog, il est petit. Il est modeste, surtout. Ou plutôt, c'est moi qui suis modeste, et c'est là la moindre de mes qualités. Pédant, à l'occasion, il ne faut pas paraître parfait.

Moi : anonyme protégé par un pseudo, ce qui m'oblige. Je m'interdis de profiter de l'anonymat pour dépasser les limites du bon goût et de l'honnêteté.
Mais il est facile de me démasquer, beaucoup d'indices voguent au fil des mots & des photos. Note à benêts : je suis notoirement inconnu, un anonyme quidam lambda, ce qui limite l'intérêt de m'identifier.

Dans ce blog, rédigé par le créateur de la 'pataphysique quantique, il sera heureusement peu question de 'pataphysique, encore moins de physique quantique. Pourtant, ces deux disciplines nourrissent chaque article, chaque mot, et, oserai-je l'écrire ? chaque lettre de ce blog. Cela ne se remarque pas ? C’est exact.

Les pataphysiciens, les vrais, peuvent m'accuser d'usurpation de pseudonyme, de détournement de 'pataphysique : ils n'auraient pas tort. Mais pas raison non plus : j'utilise à grands seaux le principe d'équivalence (en me gardant bien de le confondre avec le funeste relativisme).


Les articles sont classés en 6 catégories, auxquelles on peut accéder en cliquant sur un des liens situés dans la liste intitulée « Rubriques », avec d’abominables et inamovibles capitales au début de chaque mot.

La description de chaque rubrique se trouve sous Présentation des rubriques.
Pour lire les articles, choisir la rubrique, à droite, dans la rubrique « Rubriques » 😁

Publié dans Présentation

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Viveu leu cinéma !

Publié le par Phaustroll

Loin de moi l'idée de critiquer la littérature au profit du cinéma !

Je voudrais simplement attirer l'attention sur une partie de la population qui, du fait d'une faiblesse de certains circuits neuronaux, éprouve de grandes difficultés à mémoriser les noms de personnes. Que ce soit lors d'une soirée entre amis, où de nombreux inconnus se présentent, et dont le nom est oublié dans les secondes qui suivent, ou à la lecture d'un livre aux innombrables protagonistes.

J'ai tenté de lire Guerre et Paix, de Tolstoï, à deux reprises. Mais l'abondance des personnages m'a rapidement fait perdre pied : 
Anna Pavlovna Schérer, Marie Féodorovna, le prince Basile, Wintzingerode, le baron Founcke, Anatole, Hippolyte, la princesse Bolkonsky, Lise Heinenn, Koutouzow, Lise Bolkonsky, Mortemart, l’abbé Morio, Hélène, Besoukhow, Pierre, Mlle Georges, le général Koutouzow, Boris, Roumianzow, Galitzine, Droubetzkoï, Anna, Mikhaïlovn (et ce n'est que le début)... J'ai du mal à ordonner cette profusion de personnages.

Je viens de regarder le "Guerre et Paix" de King Vidor, c'est tellement plus simple : c'est l'histoire d'Henry Fonda, amoureux d'Audrey Hepburn, qui aime Mel Ferrer malgré une passade avec Vittorio Gassman, dont la sœur, Anita Ekberg, est très belle également.

Herbert Lorn est un acteur dont on se souvient très bien du nom du personnage qu'il incarne, Napoléon.

Notes à benêts : une des caractéristiques de King Vidor est d'avoir épousé Florence Arto en 1916. 
On notera aussi que les images de la retraite de Russie sont accompagnées musicalement par une marche funèbre où on reconnaîtra La Marseillaise, idée audacieuse !

Autreu remarqueu : le titre de ce billet sera familier aux auditeurs estivaux de France Inter.

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Quelle guerre ?

Publié le par Phaustroll

Il est normal que Zelensky ait des adversaires politiques.

Il est de notoriété publique que la corruption touche l'administration ukrainienne, même si, conséquence, entre autres, de la demande d'adhésion à l'Union Européenne, elle soit combattue. Avec une vigueur pas toujours suffisante. Deux proches de Zelensky sont accusés d’avoir extorqué des fonds à des sous-traitants de l'entreprise publique du nucléaire Energatom.

Un opposant à Zelensky lui reproche cette corruption en ces termes : "Vous trouvez ça normal d'avoir 9 heures de coupures d'électricité par jour ?"

Il semblerait que cette personne ait oublié que l'Ukraine a été agressée par la Russie (même si certains estiment que l'Ukraine et l'OTAN ont provoqué l'invasion par ce brave Poo-Tin), et que cette semaine la Russie a frappé de nombreuses infrastructures énergétiques, fragilisant fortement le réseau électrique.

C'est vrai, il y a des choses pas normales.

 

 

 

 

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Big foot (ball).

Publié le par Phaustroll

 

Un documentaire télévisé sur l'entreprise Tesla.

Une "gigafactory" est en construction à Austin. Sa superficie est de 930 km², c'est beaucoup.

Le journaliste précise "soit la superficie de 450 terrains de football".

Il aurait pu à 2 reprises faire son travail correctement, c'est-à-dire se demander si ce qu'il disait était acceptable. Ou vrai. Ou vraisemblable, même.

D'abord, dire qu'une usine a une superficie de 930 km² signifie par exemple qu'elle occupe un rectange de 93 km sur 10, ou 46 sur 20, ou 31 sur 30 (calcul mental à la portée de l'honnête homme). Et il se serait rendu compte que le préfixe "giga" n'était pas suffisant.
Ensuite, 930 étant voisin de 1000, et 450 voisin de 500, il aurait trouvé en quelques secondes qu'il estimait donc la superficie d'un terrain de football à 2 km².

Il aurait pu.

 

(Réédition d'un billet publié il y a plus d'un an sous une forme plus rustique.)

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Jalousie

Publié le par Phaustroll


Dès 2016, Trump s'est juré de prendre l'exact contre-pied d'Obama. Et c'est ce qu'il a fait.

Même quand il a appris qu'Obama était considéré comme l'un des présidents les plus intelligents qu'aient connus les USA.
 
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Encore une publicité mensongère sur Inter.

Publié le par Phaustroll

Le marketing n'a pas de morale.

Une publicité sur France Inter affirme que le dernier livre de Joël Dicker, "La très catastrophique visite du zoo", a reçu un avis unanimement favorable de la presse. Or, c'est totalement faux, puisque Le Figaro, Télérama, Libération, Le Monde, pour ne citer que les plus importants, ont publié des critiques négatives sur ce livre.

Le marketing n'a pas de morale. On le savait.

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Respectons autant nos ancêtres que nos ancêtres.

Publié le par Phaustroll

... ou Le ridicule ne tue pas.

Récemment invitée à parler au micro de France Inter, dans un gloubi-boulga de féminisme et de wokisme mal digérés, une paléoanthropologue a tenu à signifier à la gent féminine son respect en parlant des "néandertaliennes et des néandertaliens".

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L'intelligence artificielle et la notion de vie.

Publié le par Phaustroll

La vidéo en fin de billet démarre automatiquement, sûrement que je me suis mal débrouillé ! Par précaution, mettez-la en pause immédiatement, et si nécessaire retournez au début. Si c'est trop tard (autre vidéo démarrée automatiquement), afficher la vidéo précédente intitulée "Qu'est-ce que la vie ?" (ou "Tellement mignon").

Intelligence Artificielle et animaux.

Le chercheur André Pichot consacre 950 pages à l'« Histoire de la notion de vie ». Jacques Monod, quant à lui, tente de déterminer les caractéristiques des êtres vivants, c'est à dire de trouver les caractéristiques permettant de dire, en observant un objet quelconque, s'il s'agit ou non d'un être vivant, dès le premier chapitre de son livre « Le hasard et la nécessité », 

Autant dire que le sujet est sérieux, ça rigole pas.

Ce matin, en classant les photos présentes dans mon smartphone, je découvre une fonction que j'avais négligée jusqu'alors : la création d'« histoires », opération effectuée automatiquement par l'appareil, et qui consiste à réunir en un diaporama diverses photos reliées par une caractéristique commune, considérée comme telle par l’Intelligence Artificielle nichée dans mon appareil.

J'ai eu la surprise de trouver une « histoire », nommée « Tellement mignon », que mon smartphone, que je devrais baptiser smartfaune, a créée en identifiant des photos de mes animaux. Ainsi, choisie par l'Intelligence Artificielle, qui condense les recherches de Pichot et de Monod, se succèdent des photos de ma ménagerie, principalement Max-le-chien et Bubu-le-chat, et, à la tout ultime et extrême fin, des animaux pas tellement mignons, mais des animaux quand même. Vive l’intelligence artificielle !

ddddddd

[Article de décembre 2019 que j'avais mis de côté pour cause de manque de maîtrise de la vidéo.]

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Journaliste, pluie, ridicule.

Publié le par Phaustroll

  
[Je "remonte" ici un vieux billet que le changement climatique rend de plus en plus pertinent].
 
 Quand un journaliste parle de pluies intenses, la phrase souvent entendue est qu’il est tombé en [nombre variant suivant l’événement considéré] heures l’équivalent de [nombre variant suivant la gravité de l’événement considéré] mois de pluie (sous-entendu : "valeur mensuelle moyenne de précipitations, obtenue en divisant par 12 le cumul annuel".)
 
 Il est utile de dire qu’il s’agit d’une totale ânerie, il suffit de donner des exemples.

 Considérons un endroit où il tombe, 1 mois sur 2, une égale quantité d’eau. Un mois pendant lequel il a plu « normalement », on pourra dire « il est tombé l’équivalent de 2 mois de précipitations » : on s'esbaudit à considérer un événement normal.

 De même, si la saison des pluies est extrêmement marquée, qu’il pleut dans l’année un seul mois, ce mois où il pleut, « il est est tombé l’équivalent de 12 mois de précipitations ». Dans un désert, la moindre pluie peut représenter, en quelques heures, "l'équivalent de plusieurs années de précipitations".

 Notons que ces exemples ne décrivent que des événements normaux, courants, habituels.
 
 Déduisons que cette notion d’équivalent de pluie habituelle est totalement dépourvue de sens.

 

Note à benêts : quand un quidam non journaliste dit la même ânerie, c'est aussi bête, mais moins ridicule.
 
 

 

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Un cas rare de polydactylie.

Publié le par Phaustroll


Documentaire scientifique sur une chaîne de télévision (que je ne nommerai pas, principalement pour ne pas solliciter ma mémoire plus qu'il n'est nécessaire).

" Les super-volcans se comptent sur les doigts d'une main".

Suit la représentation d'un planisphère où l'on distingue nettement les emplacements de 13 (super) volcans.

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L'art de s'exprimer avec précision (mais pas trop).

Publié le par Phaustroll


Le diamètre de l’œsophage des baleines est d'une dizaine de centimètres, 38 précisément pour la baleine à bosse.

(France Inter)

 

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L'éternité, au début...

Publié le par Phaustroll

 

Lu sur les ondes d'Inter :

Il a été condamné à 30 ans de perpétuité.

Publié dans Comme on nous parle

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Tentative de démonstration de l'absurdité de la notion de blasphème.

Publié le par Phaustroll

Pour illustrer l'absurdité de la notion de blasphème, j'ai l'habitude de réaliser une petite expérience de pensée. Exemple choisi pour sa simplicité de réalisation, en aucun cas par hiérarchisation des religions.

Imaginez le dessin d'un barbu enturbanné. Sur une bande de papier qu'on peut masquer et découvrir alternativement, en guise de légende 2 prénoms, dont 1 seul peut être apparent. Ces 2 prénoms sont Kévin et Mohammed. Avec un stylo, on manipule la bande de papier, pour faire apparaître alternativement un prénom puis l'autre.

Ce qui donne : Kévin - Mohammed - Kévin - Mohammed - Kévin - Mohammed.

Etc.

Mais pour une personne convaincue de l'existence de la notion de blasphème, ce n'est pas la même chose :  pas blasphème - blasphème - pas blasphème - blasphème - pas blasphème - blasphème.

 

😐 😱 😐 😱 😐 😱 😐 😱 😐 😱 😐 😱 😐 😱 😐 😱 😐 😱 😐

 

Etc.

Je n'ose imaginer les courbes de tension artérielle et de concentration en noradrénaline chez le sujet.

 

 

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Journée de merde pour les racistes.

Publié le par Phaustroll

Kamel Daoud vient d'être récompensé du Prix Goncourt, Gaël Faye du Renaudot.

Un bougnoule et un nègre le même jour ! Ne cherchez plus à savoir d'où viennent les bruits d'évier bouché que depuis 13 h on entend ici et là, ce sont les imbéciles qui s'étranglent. Même ceux qui ne savent pas lire !

Je n'ai rien lu de Kamel Daoud, mais il m'a toujours impressionné à chacune de ses apparitions à la télé, par sa présence, sa profondeur. Quant à Gaël Faye, ses chansons et le petit bijou qu'est Petit Pays sont remarquables. Dans Petit Pays, il montre en 2 pages d'une parfaite simplicité combien le racisme est une imbécillité.

Journée de merde pour les racistes.

 

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Billet réservé aux personnes maîtrisant la physique quantique.

Publié le par Phaustroll

 

Le succès grandissant de la médecine quantique me laissait sceptique jusqu'à maintenant. Jusqu'à ce que je me rende compte que cette médecine valide un important concept de la physique : le sot quantique.

 

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Mieux que l'abolition des privilèges.

Publié le par Phaustroll

 

La définition du CNRTL me convient : " Privilège : droit, avantage particulier accordé par une autorité, à une personne ou à un groupe, en dehors des règles communes."

L'actuelle campagne publicitaire de Mercedes-Benz, proposant une offre privilégiée à tout le monde autant qu'à chacun, illustre une fois de plus la stupidité du marketing.

 

Publié dans Comme on nous parle

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Nous partîmes quatre - À voir à Tamanrasset.

Publié le par Phaustroll

  

Aucun guide touristique ne cite un seul de ces spectacles étonnants que nous avons admirés à Tamanrasset.

Le premier : sur le trottoir longeant la poste, des travaux, un trou : pas un trouhuscule, mais une véritable tranchée, propre et tout. 3 mètres de longueur, un demi de largeur, et une profondeur insondable. De chaque côté, un cône avertit du danger, sans autre protection. Les piétons piétonnent tranquillement de part et d'autre.

Le deuxième : à côté de la poste, un bâtiment en construction. Éparpillées dans le mur en parpaings, quelques ouvertures un peu rectangulaires, qui devraient accueillir des fenêtres. Les règles de l'art veulent que, pour permettre l'alignement des parpaings et avoir une ouverture proprement rectangulaire, un parpaing sur deux devrait être coupé en son milieu, et tourné de telle sorte que son côté intact (tout beau, non coupé) soit placé du côté de l'ouverture. Ici, c'est l'inverse : la partie déchiquetée des demi-parpaings est du côté de l'ouverture rectangulaire, un coffrage sera nécessaire pour obtenir une finition correcte !

Le troisième : un employé municipal est chargé de peindre la bordure du trottoir et le "bateau" permettant d'accéder au parking, alternativement en blanc et rouge. Violentée par le passage des véhicules, une bordure du bateau est ébréchée sur une vingtaine de centimètres. Le peintre, touché par la réflexion, suspend son pinceau dans les airs, puis ramasse quelques cailloux aux alentours, les fourre dans le trou, les recouvre d'une épaisse couche de peinture.

 

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Saint-Siège roulant.

Publié le par Phaustroll

 

Le pape est arrivé à Djakarta après un vol de 12 heures en siège roulant. Que j’entends sur Inter.

Par un souci d'économie qui l'honore, il a choisi un vol locoste, et non pas en classe pape, où on l'aurait transvasé dans un siège plus confortable. Il n'aura pas eu besoin de boucler sa ceinture, ce qui est un ineffable avantage, hors situation accidentelle.

  

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Motocassoulet - Des gens pas comme nous.

Publié le par Phaustroll


Nous marchons dans les rues de Tamanrasset. Une Peugeot 504 est garée le long du trottoir, et mon coin-de-l’œil est attiré par une image inhabituelle, même dans un coin. Je me penche pour regarder : oui, c'est inhabituel chez moi de voir un moteur de voiture transporté sur le siège du passager avant. Sans ceinture.

 

Des gens pas comme nous.

 

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Nous partîmes quatre - Le mystère des blouses blanches dans les rues de Tamanrasset enfin élucidé.

Publié le par Phaustroll


Tôt samedi matin, nous quittons notre chambre d'hôpital pour un bungalow plus réglementaire au camping. La veille, nous avons contacté l'assurance de Jeannot, qui nous a promis d'envoyer un avion médicalisé dès que possible.

Nous passons donc le samedi au chevet de Jeannot, et à faire du shopping dans les rues de Tamanrasset. Nota : pour des raisons difficiles à expliquer, la notion de shopping dans les rues de Tamanrasset relève du délire.

Dans la nuit, nous sommes réveillés par des bruits de pas et des chuchotements autour de notre bungalow ; nous désignons un éclaireur, qui sort prudemment : nous avons la visite de deux personnes en blouses blanches, brancardiers aéroportés dépêchés par l'assurance. En attendant l'ouverture de l'hôpital, Dominique et Daniel les accompagnent dans une mémorable déambulation dans les rues de Tamanrasset. Mémorables pour eux, parce que de mon côté je reste dans le bungalow, autant pour surveiller nos affaires que pour profiter de quelques heures de sommeil supplémentaire.

En milieu de matinée, Dominique et Daniel me rejoignent. Le médecin de l’hôpital était réticent à laisser partir Jeannot, il voulait continuer à s'en occuper. Puis, n'ayant aucun argument pour le retenir, il l'a laissé partir, à pied, malgré sa luxation de la hanche, sans fournir de brancard pour aller jusqu'à l'ambulance : "il veut partir ? Eh bien je ne le retiens pas, qu'il se débrouille". Qu'il semblait penser.

Quelques jours plus tard, Jeannot occupait une chambre de l'hôpital de Privas, le fémur percé d'une tige en acier manifestement inoxydable sur laquelle étaient branchés des ressorts & câbles divers, maintenant sa cuisse en extension.

 

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Nous partîmes quatre - Nous nous vîmes trois...

Publié le par Phaustroll

 
Retour à la maison, cinquième journée.

Arrivés hier en Algérie, nous avons bivouaqué quelque part entre Assamaka et Tamanrasset. Ce soir, nous serons à Tamanrasset.

Nous roulons vers le nord, sans vraiment chercher à suivre la piste. Car s'il y a une piste, à droite ou à gauche, nous ne voulons pas nous contraindre à la suivre, nous préférons la moto en liberté, en inventant chacun son parcours, plutôt zigzaguant, d'après l'aspect du sol, donc sa dureté, en contournant les buissons, les buttes, les collines. Nous ne nous sommes probablement jamais sentis aussi libres, euphoriques.

Une colline nous barre la route. Faut-il la contourner par la droite ou la gauche ? Je me retourne, ne vois pas les copains... Ils étaient plutôt à droite il y a quelques minutes, je vais passer à droite. Je dépasse la colline, ne les vois pas de l'autre côté... Ils ont dû passer à gauche, et doivent être encore derrière moi. Je retourne donc vers le sud par la gauche, et repasse de l'autre côté de la colline. Le risque de se perdre est grand, nous l'avons déjà vécu, je n'aurais pas dû les perdre de vue.

En longeant la colline, à ma gauche, je passe à côté de trois véhicules à l'arrêt, dont un break Peugeot inconnu, manifestement en pause-sieste. Au bout de quelques kilomètres, je vois les copains. Dominique et Daniel ont mis leur moto sur béquille, ils sont agenouillés à côté de Jeannot, dont la moto est couchée sur le sol. Jeannot est allongé sur le dos, moins euphorique que quelques minutes auparavant. Il geint, il délire. La cause de sa chute est évidente : en plein désert, à environ 150 km de Tamanrasset, à distance de toute piste, au milieu de rien, une lame de bulldozer a creusé le sable sur plusieurs mètres de longueur. Jeannot a décollé, puis de l'autre côté du trou a heurté la marche d'une vingtaine de centimètres de hauteur.

Une ambulance, s'il y en a une disponible à Tamanrasset, ne pourra pas être là avant 4 ou 5 heures. Je pense au break Peugeot, je pars le chercher. Je roule trop vite, mon imprudence risque d'être catastrophique : personne ne sait précisément où je vais, si je chute, on ne retrouvera pas mes débris avant plusieurs heures, probablement pas avant le lendemain matin. Je me force à ralentir. Le propriétaire du break est français. Alors qu'il se dirigeait vers le sud, il n'hésite pas une seconde, et se retrouve bientôt auprès de Jeannot. Son break est équipé d'un couchage, où nous installons Jeannot. Nous arrivons en fin d'après-midi à l'hôpital de Tamanrasset, devant lequel une ambulance attend, moteur tournant, pendant presque une demi-heure. Un infirmier nous explique qu'on vient de signaler un accident de voiture, et qu'une réflexion est en cours pour savoir si l'ambulance doit aller chercher les blessés tout de suite, ou si avant cela elle ramène chez lui un médecin. Le moteur reste en marche parce que le démarreur est en panne, et qu'il faudrait démarrer l'ambulance à la poussette.

Nous sommes jeudi, c'est à dire le week-end. Il n'y a à l'hôpital qu'une petite équipe d'astreinte, qui prend en charge Jeannot. Le diagnostic est rapidement établi : un traumatisme crânien, une luxation de la hanche. L'articulation est remise en place, Jeannot est mis dans une chambre. Il ne délire plus, mais nous demande à plusieurs reprises où il est. Il est étonné, et finalement très content, de savoir qu'il est à Tamanrasset. Et qu'il y est venu en moto. Pendant le week-end, c'est à dire jusqu'à samedi matin, nous sommes hébergés à l'hôpital, dans une chambre vide, avec pour consigne d'être discrets et de nous éclipser tôt samedi. La journée de vendredi va être chargée.

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Tranche de vie.

Publié le par Phaustroll


Le parking d'un supermarché.

Un vieil homme s'extirpe lentement de sa voiture. À très petits pas saccadés, il se dirige vers le magasin, lentement, lentement.

Il revient de très longues minutes plus tard, lentement (lentement).

Dans sa main, un sac de croquettes pour chats.

 

 

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Bardella invoque Jean Moulin !

Publié le par Phaustroll

 

Je prends connaissance avec retard de la sortie de Bardella sur Jean Moulin, à l'adresse de François Hollande : « Ça y est : Jean Moulin est de retour ! », a-t-il glapi à ce dernier. Le représentant d'un parti fondé par des collaborationnistes et un Waffen-SS invoque donc Jean Moulin, pour reprocher à son interlocuteur sa position morale ! On pourrait penser que "plus c'est gros, plus ça passe", mais ce serait oublier la totale inculture de Bardella, qui ne comprend pas tout ce qu'il dit.

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Législatives 2024 : préserver notre démocratie

Publié le par Phaustroll

[Copie non autorisée d'un éditorial du Monde, signé ce 28 juin par Jérôme Fenoglio]


Inconséquente, la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron a plongé notre pays fatigué dans une campagne électorale comprimée à l’extrême, réduite à des négociations bâclées, à des arguments caricaturaux et à des débats tronqués, soit l’exact inverse de ce dont il aurait besoin. L’immédiateté affolée des réseaux sociaux et des chaînes de polémique en continu s’est imposée là où il aurait fallu commencer à restaurer, enfin, le temps long d’une délibération collective.

Défaitiste, la décision du chef de l’Etat, au soir des élections européennes du 9 juin, a acté son isolement et son incapacité à utiliser les trois années de mandat qui lui restent pour redéfinir une politique et recomposer une majorité, afin de s’attaquer aux causes profondes de ce qu’il prétendait combattre, la montée continue du Rassemblement national (RN). Dangereuse, elle peut donc déboucher, à l’issue des deux tours des élections législatives, les dimanches 30 juin puis 7 juillet, sur la prise de pouvoir par l’extrême droite, pour la première fois par les urnes, si les scrutins devaient lui accorder une majorité absolue de députés, ce qu’aucun observateur, pour l’heure, ne se risque à exclure.

Le brouhaha d’invectives et de chiffres qui a tenu lieu de campagne ne doit pas faire perdre de vue la portée historique d’un tel événement, s’il devait survenir. Face à cette funeste éventualité, Le Monde, dont la rédaction est statutairement indépendante de tout pouvoir, ne saurait se dérober, même s’il n’a vocation ni à soutenir un parti ni à donner des consignes de vote. Cette réserve n’empêche pas le rappel des valeurs, héritées de nos quatre-vingts ans d’histoire, qui peuvent nous conduire à identifier des menaces.

Comme nous l’avions écrit à la veille du scrutin européen, l’accès de l’extrême droite aux leviers de commande de nos démocraties constitue le danger politique majeur qui pèse sur les pays occidentaux. Il est encore aggravé par les autres périls – guerres, catastrophes climatiques, tensions géopolitiques, secousses économiques et sociales – qui font trembler notre monde.

Pour s’en prémunir en France, dès le premier tour, il importe déjà de se mobiliser – ce qu’ont commencé à faire nombre d’électeurs si l’on en croit les projections de participation. Selon les opinions de chacun, le choix de candidats républicains convaincus, démocrates sincères, paraît assez large dans chaque circonscription, de ceux du Nouveau Front populaire (NFP), qui rassemble les partis de gauche, jusqu’à ceux du parti Les Républicains qui ont condamné la trahison de leur président, Eric Ciotti, en passant par les candidats de la majorité qui ne se seront pas laissé égarer par la fallacieuse équivalence entre NFP et RN que tente d’installer l’état-major du camp Macron. Pour s’orienter dans ce choix, un critère devrait s’imposer : un engagement clair à se désister au second tour, en cas de triangulaire, en faveur du candidat le mieux placé pour devancer l’extrême droite.

Refaire barrage ? Oui, une nouvelle fois, résolument. Sans prêter attention aux ricanements des cyniques de tout poil qui ironisent depuis des années contre ce comportement civique. Cette dévalorisation du front républicain constitue le revers de la banalisation du RN, la deuxième mâchoire de la tenaille de l’extrême droite. N’en déplaise aux commentateurs réactionnaires, les limites du champ républicain ne sont pas déterminées par les gains ou les pertes de la bataille culturelle entre droite et gauche. Tous les démocrates authentiques, quel que soit leur bord politique, savent les discerner. Il faut toute la mauvaise foi de ceux qui espèrent que le pire advienne pour ne pas reconnaître qu’il existe des mesures incompatibles, en soi, avec notre République.

Le tri entre ses citoyens en est une. La mise à l’écart des binationaux de certains métiers sensibles, telle qu’annoncée par le président du RN, Jordan Bardella, est ainsi un aveu de la persistance dans ce parti de l’ancestrale obsession de l’extrême droite pour les « faux Français », accablante mise au jour des soubassements idéologiques, antisémites et racistes, sur lesquels continue à être posée la maison Le Pen. La remise en cause du droit du sol en est une autre, majeure, puisqu’elle vise à mettre à bas la loi de 1889, fondement républicain de notre code de la nationalité, sur lequel s’appuie notre système d’intégration, qui inclut aussi le mode de preuve de la nationalité pour de très nombreux Français.

La stigmatisation par les origines ou les apparences, la constitution de catégories entières de la population en boucs émissaires, d’autres encore. Il est frappant de constater qu’avec le renoncement progressif à la plupart des propositions, aussi incohérentes qu’inapplicables, qui composaient son programme économique les engagements du RN se retrouvent peu à peu réduits à ces fondamentaux, qui signent sa vraie nature tout autant que les profils et les déclarations de nombre de ses candidats.

Dans tous ces domaines, comme dans ses relations avec les puissances étrangères, avec l’Europe, comme sa vision de l’évolution des mœurs, le RN s’inscrit ainsi dans une histoire qui suit un cours inverse de celui qui a porté la France depuis la Révolution. Lui céder une parcelle de pouvoir, ce n’est rien de moins que prendre le risque de voir peu à peu défaire tout ce qui a été construit, conquis, en plus deux de siècles et demi. A fortiori lorsque c’est un clan familial, devenu une petite entreprise vouée à ses propres intérêts, qui mène les travaux.

Cette sombre perspective peut-elle ressouder un front républicain solide face à des électeurs qui cherchent, par leur vote RN, avant tout à se débarrasser du personnel politique en place ? En tout cas, elle n’a pas dissuadé d’anciens responsables et des essayistes issus de la gauche de considérer que, dans leur hiérarchie des périls du moment, celui du NFP était bien plus élevé que celui de l’extrême droite.
Est-ce un autre effet de l’affolement qui caractérise cette campagne tronquée ? De fait, le paysage électoral, en cette veille de premier tour, paraît marqué par les effets d’une triple « brutalisation ». Au centre, c’est le président de la République, en personne, qui porte cette violence verbale jusqu’au cœur de la campagne en déclarant notamment redouter une « guerre civile » si le RN ou le NFP l’emportait.
Propos ahurissants pour un chef de l’Etat, qui ne font que prolonger la façon dont il n’a cessé de créer de la tension. Reconstruire l’espace politique français en ruine, dans lequel il a émergé il y a sept ans, en commençant par son centre, aurait demandé une humilité, une attention aux autres de tous les instants. Mais Emmanuel Macron ne dispose visiblement d’aucune de ces vertus, et son entourage n’a jamais été pensé pour compenser ses défauts. Son narcissisme a fini par l’exposer à un rejet supérieur à celui qui l’avait placé au pouvoir et par menacer tout le bloc central de sa majorité d’effondrement.

A gauche, c’est Jean-Luc Mélenchon qui complique la démarche d’union. Là encore, son impopularité est liée à son choix de la violence verbale et d’une stratégie de l’affrontement permanent, depuis plusieurs années, aggravée par une pratique sectaire du pouvoir qui l’a conduit à éliminer plusieurs de ses anciens proches, devenus opposants, des investitures de La France insoumise (LFI) au sein du NFP. En outre, sa stratégie de placer le conflit israélo-palestinien au centre de la campagne des européennes, ainsi que ses provocations et ses déclarations ambiguës sur le sujet, l’a exposé personnellement, ainsi que son parti, aux accusations d’antisémitisme. Les « insoumis » s’insurgent aujourd’hui contre cette « instrumentalisation », alors qu’il aurait été bien plus convaincant de poser quelques mots clairs dès le 7 octobre 2023 sur le massacre, les prises d’otages et les atrocités commises par le Hamas au cours de son opération terroriste.

A l’extrême droite, la brutalisation a été commise au cours d’un passé récent. Il est tout à fait ironique que son auteur, Eric Zemmour, ait perdu aujourd’hui le fil de sa stratégie politique, et qu’il ait été lessivé par le clan Le Pen. C’est l’ancien journaliste qui, des colonnes du Figaro aux plateaux de CNews, puis à sa campagne présidentielle, a vulgarisé dans le débat public les théories racistes les plus nauséabondes. C’est lui qui a contribué à habituer des classes sociales aisées et des tranches d’âge avancé, peu en contact avec les populations immigrées, à des diatribes discriminatoires. Cette violence verbale permet aujourd’hui à Marine Le Pen, comme à Jordan Bardella, de ne pas en rajouter. Les mots ont été prononcés, les concepts ont circulé. Avant qu’il ne soit poussé hors champ par la rancune que lui voue son ancienne concurrente, il ne faut pas oublier qu’Eric Zemmour fut le premier poulain de Vincent Bolloré, aujourd’hui en soutien de Jordan Bardella, dans ce mélange de mercantilisme et d’idéologie qui a poussé le magnat de la communication à placer l’ensemble de ses médias au service de l’extrême droite. Désastreuse pour le débat public, cette collusion donne une raison de plus de se mobiliser contre l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite, qui dénaturerait notre démocratie tout en déshonorant notre nation.

 

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Nous partîmes quatre - Un ane plâne (Bâshung).

Publié le par Phaustroll


Retour à la maison, deuxième journée. Nous quittons Arlit pour les 250 km de piste non balisée que nous avons parcourus dans l'autre sens. Au nord de la ville, il n'y a pas de piste clairement balisée, mais des centaines de traces de pneus orientées de l'ouest au nord.  Nous nous dirigeons vers le nord-ouest. Au bout de quelques kilomètres, le nombre de traces a diminué, signe que les véhicules cessent de s'éparpiller. Nous continuons vers le nord-ouest, il ne reste que très peu de traces, c'est étonnant. Aucun relief ne nous permet de nous situer. Nous improvisons un briefing, d'où il ressort que tous les quatre ne savons pas bien où nous sommes, et plus précisément nous ne savons pas où est la piste vers Assamakka (le poste frontière). Il nous semble que nous sommes partis trop vers le nord, et que nous retrouverons la piste, d'orientation S-E  N-O, en nous dirigeant vers l'ouest. Nous ne la trouvons pas, nous infléchissons notre trajectoire vers le sud-ouest. Le paysage a changé, ce n'est plus une vaste étendue uniforme de sable, mais une successions de petites cuvettes sans profondeur séparées par des buttes, trop basses pour être appelées collines, et dont le sol assez plat est de cailloux et de sable. Parfois, une herbe, un arbuste malingre. Il y a longtemps maintenant que nous n'avons pas trouvé de traces de pneus. C'est évident : nous sommes perdus. Nous décidons de faire demi-tour, et de retourner sur nos traces. Mais le vent se lève, et chasse le sable, nos traces s'estompent, notre inquiétude grandit.

Et puis au détour d’une butte, une rencontre hallucinante, nous ne savons pas si nous vivons un film de Tex Avery, ou bien de Buñuel : un âne, qui broute une herbe inexistante, relève un instant la tête en nous entendant. Mais que fait-il ici, que peut-il manger ? Sa placidité est contagieuse et nous rassure.

Bientôt nous retrouvons le sable et les traces de véhicules. Il devient évident que ce matin nous étions au sud, et non au nord, de la piste, et qu'en nous dirigeant vers l'ouest puis vers le sud nous abordions des étendues dépourvues de toute présence humaine, pires qu'un désert !

Nous arrivons enfin à Arlit, et nous retrouvons le camping quitté le matin.

Le soir, nous fêtons notre retour parmi les vivants en honorant le vin et la bière nigériennes, tous deux excellentes.

 

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Le mystère de la tonte sans lame, ou les dangers du collectivisme.

Publié le par Phaustroll


Année 80, dans un lotissement de Montélimar.

Une tondeuse à gazon n'étant utilisée qu'une faible partie du temps, mettre une tondeuse en commun, pour une vingtaine de maisons, est raisonnable.

Un jour où Gabaliouchtou n'arrive pas à tondre son gazon, il retourne la tondeuse. Comme ça, pour voir. Il ne voit pas de lame. Il va donc demander des explications à Grabadu, chez qui il vient de prendre la tondeuse. Celui-ci lui affirme que la veille il a tondu son gazon, après avoir pris la tondeuse chez Jean-Nicéphore, qui était au travail. Gabaliouchtou est perplexe, la lame est introuvable.

Le lendemain, Jean-Nicéphore élucide le mystère en se rendant chez Grabadu, une lame bien affûtée à la main : Grabadu avait pris la tondeuse en son absence et en l'absence également de la lame, qui était démontée pour affûtage.

On notera le ridicule de Grabadu, qui, malgré l'absence de la lame, affirmait qu'il avait pu tondre son gazon.


Continuons à dire du mal de Grabadu, il y a prescription : ce charmant voisin, surnommé Assis-debout-couché, était connu pour son activité de dresseur, de son chien, de sa femme et de sa fille. Mais autant son chien ne s'assideboucouchait pas (d'où ses hurlements répétés), autant sa femme et sa fille, dès qu'il arrivait, à moto ou en voiture, devant le portail fermé de la maison et klaxonnait bruyamment, accouraient pour lui ouvrir (d'où ses klaxonnages répétés). Quel homme !

 

 

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 Vertige pyrénéen - Un miracle à Lourdes.

Publié le par Phaustroll


Pendant la rédaction des vertiges sahariens, une autre anecdote motocycliste m'est revenue à l'esprit.

Où : dans les Pyrénées, parcourues de long en large.
Quand : été 1988.
Comment : au volant d'une Yamaha Ténéré 600 XT.
Pourquoi : pasque c'est les vacances, que j'aime me promener à moto en montagne, et que je ne connais pas les Pyrénées, alors je vais y voir.

L'étape du jour : de Biarritz à Lourdes, par les petites routes du piémont pyrénéen.

En fin de journée, nous nous arrêtons dans un camping de Saint-Pé-de-Bigorre, 16 km avant Lourdes. 

Une fois la tente montée, je contrôle la moto, qui n'hésite jamais à perdre une pièce si je ne suis pas attentif. Mais je suis attentif, et la seule chose que la moto a perdu, c'est de l'huile : le niveau du réservoir est même en-dessous du minimum. J'achèterai un bidon demain, à Lourdes. Nous sommes le 14 août.

Le lendemain, nous arrivons à Lourdes sans nous être arrêtés pour acheter un bidon d'huile. Ce sera en repartant. Par politesse, nous visitons la ville. Est-il besoin de préciser que nous sommes alors le 15 août ? Nous sommes confrontés à une extrême surpopulation saisonnière, pour ne pas dire journalière. Parce que ce n'est pas la saison, mais le jour, qui est la cause de ce déferlement humain. 
Une fois la moto garée en bordure du centre-ville, avançant avec difficulté, bousculés par la foule qui a envahi les rues, nous découvrons des milliers de boutiques regorgeant de bondieuseries hallucinantes : par centaines, des séries de taille croissante de Jésus, de Marie, d'ânes, de Joseph, de croix... Une tête de Jésus dépasse les limites du ridicule : le teint terreux, le regard vague tourné vers le haut, du sang dégoulinant des blessures de la couronne d'épines. Et de sa bouche entrouverte sortent des canines pointues... Un vampire sous LSD cherchant dans le plafond la réponse à ses angoisses ("je me serais pas trompé de chapeau ?"). Heureusement que l'art religieux, depuis des siècles, a su reproduire de façon artistique, voire émouvante, ces épisodes douloureux de notre histoire.
Nous fuyons, il nous faut de l'huile. La moto avance péniblement, au pas, au milieu de l'Océan Catholique.

À la sortie de la ville, je m'arrête à la première station, où j'achète un bidon d'huile. Je dévisse le bouchon du réservoir, mesure le niveau... Miracle, alléluia, le réservoir est plein au maximum, merci Marie ! 

 

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Motocassoulet - Vive le Pont !

Publié le par Phaustroll


Christian et moi empilons le maximum de matériel sur nos réservoirs et nos porte-bagages, dont la conception robuste fait l'admiration des Francs-Comtois. Je ne les remercie pas de leurs compliments, me contentant de dire que leurs porte-bagages à eux ont été conçus en dépit du bon sens, ou plutôt des règles simples de la mécanique et du calcul vectoriel. En regardant le treillis métallique désormais en ruine, on s'aperçoit que certains éléments sont soumis à des efforts tendant vers l'infini, ce qui n'est pas raisonnable : quand on divise une force par le sinus d'un angle très faible, on obtient un effort très important, et d'un coup d’œil on pouvait se rendre compte que certains éléments devaient rompre.

Avec une corde manifestement prévue à cet effet, nous attachons les morceaux de tubes de telle sorte que le poids des caisses de 100 litres soit repris par les quelques parties encore indemnes.

Nous roulons lentement pendant une heure ou deux (dans le désert, le temps est aussi insaisissable que l'espace). Au bivouac entre deux dunes, une surprise nous attend, Christian et moi : dans les caisses, un autocuiseur, du riz, des aromates, du Pont. Du Pont ? Oui, l'apéritif de Pontarlier. De l'absinthe.

François n'en est pas avare !

 

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Motocassoulet - Un fonctionnaire consciencieux.

Publié le par Phaustroll

 

Au poste frontière d'Hazoua, nous sommes cordialement accueillis par un douanier jeune et élégant, souriant. Ses paroles et ses gestes sont nets et francs. Il connaît son métier, et n'hésite pas un instant, les formalités sont vite réglées. Il nous tend nos papiers, puis se lève, ouvre la porte du bureau, jette un bref coup d'œil dans le couloir, referme la porte puis nous demande à voix basse :

"Vous n'avez pas des francs français ?"

 

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Nous partîmes 4 - La véridique histoire du garagiste grec d’Aubenas.

Publié le par Phaustroll

Entre Annaba et Agadez, après la mer d'eau la mer de sable. Et sur cette mer une frêle passerelle (note 42), longue de 2000 kilomètres, essaie de ne pas se laisser submerger par les flots envahissants du sable poussé par le vent, de ne pas se laisser briser par les roues des camions. Bien sûr certains délaissent cette passerelle de bitume crevassé et roulent à proximité, ou plus à l’écart, évitant ainsi les nids-de-poule, contournant quelque relief. Mais à préférer le sable au simili-goudron on risque à tout instant de tomber dans le piège d'un obstacle mal apprécié, d'une zone de sable plus mou déviant soudain la moto vers un champ de roches, ou plus simplement la freinant puis l'arrêtant... Nous préférons suivre la piste goudronnée – nous savons qu'elle l'est jusqu'à environ 50 km au sud de Tamanrasset, mais nous ignorons alors ses lacunes.

 Tout au long de la Transsaharienne, nous rencontrerons souvent les mêmes personnes, parcourant cette mer de sable à une vitesse proche de la nôtre. Le hasard des bivouacs et des pauses le long de la piste fait que tous les jours, les uns dépassent les autres, et que nous finissons par nous reconnaître, nous saluer par un geste de plus en plus familier.

 Préposé au culte du souvenir (on m'a prêté un appareil reflex Canon du meilleur goût), j'accélère souvent mon allure pour précéder mes covoyageurs de quelques hectomètres, souvent m'éloigner un peu de la piste, puis m'arrêter pour les photographier. Et parfois j'en profite pour rouler sur un épineux qui perfore mon pneu. Ma première crevaison se produit au sud d'In Salah. Pour pouvoir soulever la roue avant, nous appuyons le sabot de protection du moteur sur un jerrycan d'essence. L'attitude de détresse que prend illico la moto attire l'attention d'un automobiliste de passage, qui, au volant de sa Peugeot 504, nous propose d'abord son aide, puis, ému par notre refus poli, deux canettes de bière conservées dans la fraîcheur d'un chiffon mouillé. Il vient de France, et va vendre quelque part en Afrique sa 504, à un prix lui payant le voyage et quelques mois de dépenses courantes.

 Entre In-Guezzam et Assamakka (postes frontières algérien et nigérien), quelques dizaines de kilomètres de piste d'un sable souvent très mou, qui s’élève peu à peu. Loin en contrebas, deux voitures nous narguent en filant rapidement.

 À Assamakka, des dizaines de véhicules de tout type ont totalement déchargé leur cargaison, en attendant un contrôle par les douaniers. Ceux-ci terminent leur journée de travail à 18 heures. C’est alors tout un petit village qui s’organise pour le repas du soir et la nuit. Les gens font connaissance, sympathisent. Deux étudiants Italiens nous invitent à partager leur risotto. Il est fameux ! Les Italiens sont bavards et gais, ils auraient pourtant des raisons de se lamenter : à In-Guezzam, en discutant avec un voyageur habitué de la Transaharienne, celui-ci leur a proposé de ne pas suivre la route « normale », mais de le suivre lui, dans un parcours hors-piste. Nous comprendrons plus tard que cela lui permet d’éviter la solidarité du désert, et de ne pas être ralenti par les voitures ensablées. Dans les passages étroits elles bloquent la piste (note 42), et surtout il faut leur porter assistance, avec des pelles, des plaques de désensablage et de l'huile de genou. Mais, arrivée trop vite au sommet d’une petite dune, sa 504 a décollé et s’est plantée sur le flanc de la dune suivante. Le break des Italiens a suivi la même trajectoire et a atterri sur le coffre de la 504. Un camion-benne qui suivait (moins vite) la même piste a treuillé leur voiture dans la benne, et l’a déposée au poste frontière. En attendant de savoir comment ils allaient rentrer chez eux, ils préparaient un risotto.

 Le lendemain nous sommes à Arlit, qui marque la fin des 550 km de piste de sable. La bière, le vin et le camping y sont agréables, de même que les mines d'uranium.

 Dans le restaurant du camping, un Suisse, touristant au guidon d’une BMW 850 GS, nous explique qu’il a pris sa retraite à 35 ans pour voyager, après avoir mis de l’argent de côté. Chef de service dans une entreprise chimique suisse, c’est bien payé, qu’il nous affirme. En provenance de la table voisine, un individu de type ardécho-méditerranéen s’adresse alors au jeune retraité, en lui demandant s’il se souvient qu’ils se sont rencontrés dans un restaurant de Tamanrasset, et qu’il avait conclu un marché avec un camionneur. Le Suisse opine du chef (de service), et celui qui se présentera comme le Garagiste Grec D’Aubenas (le célèbre GGDA) raconte son histoire, bientôt écoutée par une petite foule rapidement attroupée.

 De Tamanrasset à Arlit, seuls quelques dizaines de kilomètres sont goudronnés. Il est fréquent que des camions se chargent de voitures ou de motos pour faire la traversée. C’est ce qu’avait demandé GGDA. Mais une fois sa voiture chargée sur un camion, le camionneur, également truand, avait prétexté des pannes pour demander à GGDA de payer des réparations dans un garage de Tamanrasset, probablement complice. Puis, arrivé à Arlit, il demandait encore de l’argent pour décharger la voiture. En attendant que GGDA se résigne à le payer, il s’est installé à l’hôtel d’Arlit, après avoir garé son camion au camping.

La foule compatit, puis prend une décision : à l’aube le lendemain matin, à l’aide de fûts de 200 litres et de planches de coffrage, nous sommes une quinzaine de personnes à confectionner une rampe par laquelle la voiture de GGDA reprend sa liberté. Vengeance de GGDA : prétextant une petite panne du moteur du camion, il avait commencé à le démonter (et ne le remontera pas !)

Après quelques jours dans les montagnes de l’Aïr, dans un village de brousse dirigé par un pasteur Ardéchois, nous atteignons Agadez. Nous y passons deux après-midi avec les Forgerons d’Agadez. Sur la terre battue d’un hangar ouvert sur la rue, ils fabriquent en acier, en argent ou en cuir, des objets traditionnels nigériens, en copiant les photos qui illustrent magnifiquement un catalogue du musée de Niamey.
Quand nous reprenons la route du retour, en direction d’Alger, nous croisons un camion bien connu de nous, transportant dans sa benne une 504. L’avant est manifestement plié par un atterrissage violent contre une dune. Des bouteilles de bière brisées tintinnabulent dans le coffre défoncé par un break italien.

 

 

 


Note 42 - La  Transaharienne, route qui relie Alger à Lagos. 

Note 42- Par exemple, une R4 occupée par trois Pères blancs, lourdement chargée et fréquemment ensablée. La galerie de toit est alourdie par quelques jerrycans en plastique translucide, visiblement pleins d’essence. En réalité, il s’agit d’un bon cognac, qui, telle la lettre volée d’Edgar Allan Poe, a été dissimulé par sa mise en évidence.

 

 

 

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Ne confondons pas 25 % et 1/4.

Publié le par Phaustroll

 

Dialogue rapporté par un pharmacien cultivant le scepticisme scientifique.

Quand son fils est né, la sage-femme lui a fait remarquer qu'il y avait beaucoup de naissances, parce que c'était la pleine lune.

« Mais la pleine lune, c'était il y a 2 jours.
− Oui, mais c'est à 2-3 jours près.
− Et donc, vous avez beaucoup de naissances pendant cette période ?
−  Oui, 25 % des naissances pendant la pleine lune.»

En résumé, pendant la période de pleine lune définie par la sage-femme, de 3 jours avant à 3 jours après la pleine lune, soit 7 jours, un quart du mois lunaire, on a 25 % des naissances.


On notera que cette croyance primitive à l'influence de la lune résiste à toutes les consultations des registres de naissance (accompagnée de celle du calendrier des Postes), qui s'obstinent à ne pas mettre en évidence le moindre surcroît de naissances pendant la pleine lune.

 

 

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Nous partîmes quatre - Ébauche d'une présentation.

Publié le par Phaustroll

 

[En attendant que je trouve la motivation d'écrire un billet présentant le voyage, j'en fais en quelques lignes un résumé.]

En 1983, pour respecter une promesse faite peut-être un peu vite, je me suis senti obligé d'acheter une Yamaha 500 XT et de traverser le Sahara, en compagnie de Daniel, dont je venais de faire la connaissance, de Dominique et Jeannot, que je ne connaissais pas, tous les trois conduisant également une 500 XT.

Nous prenons un ferry à Marseille, débarquons à Annaba (anciennement Bône) pour cause de grève, puis descendons plein sud, jusqu'à Agadez.

Nous partîmes quatre, mais nous nous vîmes trois en arrivant en France.

 

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Motocassoulet - Inch'Allah !

Publié le par Phaustroll

  

Pour Christian et moi, il ne fait pas de doute que notre projet tombe au sable.

Comme les quelques dizaines de personnes ahuries qui nous entourent, nous  n'arrivons pas à nous décider. Il nous faudrait partir faire le plein à Djanet, avant de remonter vers le nord... Si pour les véhicules à 4 roues et plus, bien équipés en jerrycans, ce n'est qu'un détour de 320 km, pour les motos il s'agit de 2 500 km, soit 3 ou 4 jours de route.

Une petite agitation parcourt notre groupe informe : un fourgon, en provenance de Djanet, vient de s'arrêter. À l'intérieur, une Ténéré manifestement abîmée par une chute. Deux motos l'accompagnent, des Ténéré également, avec le même équipement : sur le porte-bagages, une caisse d'une centaine de litres, et un jerrycan de 25 litres de chaque côté. Et la même provenance : 25, des Francs-comtois. Dont un Anglais de Nice, le malheureux conducteur de la moto accidentée. Lui est parti en hélicoptère soigner ses blessures − une bonne assurance, ce n'est pas du luxe dans un tel désert médical.

Monique et François viennent de Pontarlier, et projetaient de rallier Le Cap avec leur ami John-Paul (le prénom a été modifié). Arrivés l'avant-veille à Zaouatallaz, ils se sont résignés à aller faire le plein à Djanet. La route de Djanet est en grande partie constituée de tôle ondulée. À l'arrivée à Djanet, les réservoirs sont vides, et les porte-bagages sont détruits. Un pompiste remplit les réservoirs pendant qu'un soudeur rafistole les porte-bagages (à l'écart, faut pas déconner avec la sécurité incendie).
Au retour, Peter-Hugh chute et se casse quelques os. Monique et François le font rapatrier, ainsi que sa moto. Ils vont finir leur périple tous seuls les deux (expression barbare couramment utilisée en Franche-Comté). Malheureusement, la tôle ondulée a de nouveau fait son œuvre : les porte-bagages sont retournés à leur état pulvérulent de l'avant-veille.

Monique, François, Christian et moi échafaudons des plans de sortie de crise. L'un d'eux nous permettrait de rallier tous les quatre Tamanrasset : la quantité d'essence dont nous disposons, en dépouillant la moto de Jack-Howard de son jerrycan et en vidant son réservoir, devrait être suffisante. Christian et moi nous répartirons le maximum du chargement franc-comtois.

François, soucieux, réfléchit à notre proposition, à l'état des porte-bagages, puis sourit : "Inch'Allah !"

 

 

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Zaouatallaz

Publié le par Phaustroll

Parmi les préparatifs du voyage, il faut déterminer l'emplacement des stations essence, et en déduire la capacité de nos jerrycans.

Nous allons à Tamarasset en passant par la Tunisie, puis par une route tout à l'est de l'Algérie. La distance la plus longue entre deux stations sera de 380 km (entre Zaouatallaz et Idéles). Avec 30 litres d'essence chacun, il nous faudra consommer moins de 8 litres aux 100 km. Nous avons donc une petite marge... mais celle-ci se révélera insuffisante quand une tempête de sable aura encrassé nos filtres à air, occasionnant une panne d'essence pour moi, et une frayeur pour nous deux.

Nous prévoyons de ravitailler à Illizi, puis à Zaouatallaz (240 km), puis à Idéles (380 km), et enfin à Tamarasset (220 km).
Mais à Zaouatallaz, de nombreux véhicules sont arrêtés devant la station essence : les cuves sont vides, aucun camion-citerne n'est passé depuis 40 jours. Nous n'avons pas assez d'essence pour retourner à Illizi (ce qui aurait demandé 480 km d'autonomie).

On peut trouver de l'essence à Djanet, à 160 km à l'est. C'est un cul-de-sac, il nous faudra retourner à Zaouatallaz un fois le plein fait. Mais de Djanet à Idéles, il y a 490 km, ce qui est trop. Heureusement, de Djanet à Illizi, il n'y a que 400 km, ce qui nous impose de ne pas dépasser une consommation de 7,5 litres aux 100 km. C'est juste, c'est jouable, nous échappons au dessèchement en plein désert.

Mais si nous voulons aller à Tamanrasset, en rejoignant la Transaharienne au sud de Ghardaïa, cela fait un détour de 2 560 km. Nous devons abandonner notre projet. Où allons-nous manger notre cassoulet ?


J'ai fait une analogie entre l'Algérie et l'Europe pour donner une idée des distances en jeu :
venant du nord de la France, nous voulons prendre de l'essence à Valence (Zaouatallaz) pour rejoindre Cognac (Tamanrasset). Pas d'essence à Valence, il faut aller en chercher à Brioude (Djanet), puis revenir à Valence. De là, la prochaine station essence est à Beaune (Illizi). Il faut ensuite aller à Abenra, au Danemark (vers Ghardaïa), pour repartir à Cognac par une route à l'ouest du Massif Central.

Mais nous avons réussi à manger notre cassoulet à l'ermitage du père de Foucault... Un miracle ?

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Darwin par les nuls.

Publié le par Phaustroll

  

Sur Arte, un documentaire montre un oiseau : "il n'a pas changé depuis 18 millions d'années, sans doute parce qu'il n'en a pas ressenti le besoin."

 

Ce "sans doute" est touchant à plus d'un titre (j'invite le lecteur exigeant à les dénombrer).

 

 

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Opportunisme hydrologique.

Publié le par Phaustroll

 

"La rivière sortait de son lit à la moindre crue".

 

(France Inter, le 3 avril)

 

 

Publié dans Comme on nous parle

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Grosso (quasi) modo.

Publié le par Phaustroll

 

 "La modification de la Constitution a été adoptée à la quasi-unanimité" : cet absolu relativisé me francinterpelle.

C'est d'autant plus maladroit qu'on a décompté 780 votes pour, 72 contre et 50 abstentions.

Dans ma carrière professionnelle, j'avais bien établi la notion de quasi-exhaustivité(*), mais il s'agissait de volonté de ne froisser personne, avec une touche d'humour...

 


 

* À ne pas confondre bien sûr avec la semi-exhaustivité.

 

 

Publié dans Comme on nous parle

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Quel bon vent ?

Publié le par Phaustroll

 

Dans les Pyrénées-Orientales, le changement climatique se fait sentir, le manque de pluie devient inquiétant. L'Agriculteur décrit la nouvelle plante qu'il va désormais cultiver.
Le Journaliste a manifestement quelques connaissances sur le sujet :

"Et en plus, c'est une plante qui résiste bien au mistral".

 

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On s'fait vieux

Publié le par Phaustroll

 

"Y en aura peut-être demain", qu'elle me dit, la vendeuse d'estragon, qui n'a plus d'estragon à vendre. Mignonne, elle n'a pas 20 ans, ni d'estragon.

Elle me confirme que je peux téléphoner le lendemain, pour savoir si qu'elle en a reçu. Je ne connais pas le nom du magasin dans lequel je suis, j'en ai besoin pour rechercher le numéro de téléphone. Je ne veux pas le lui demander, de peur de passer pour quelqu'un qui ne sait pas où il est. Je bafouille quelques mots que je ne comprends pas moi-même, elle me vient en aide :  "Euh, vous savez utiliser Internet ?"

Elle n'a pas 20 ans, et moi, d'un coup, j'me sens un peu vieux.

 

 

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Le microthermomoulage vu par Le monde.

Publié le par Phaustroll

  

"Le thermomoulage permet la fabrication directe, sans opération supplémentaire d’usinage et donc de déchets, des pièces de quelques micromètres."

2 remarques :

  • Quand on travaille sur des pièces de quelques micromètres, il est important de se préoccuper de la gestion des déchets.
  • Quand on commercialise des pièces de quelques micromètres, on est confronté à de difficiles problèmes d'emballage et de mise en rayon.

 

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Nicolas Demorand ne comprend pas ce qu'il dit...

Publié le par Phaustroll

 

... sinon, il ne le dirait pas.

Ce matin, Nicolas Demorand annonce l'augmentation de 1000 % du nombre d'actes antisémites en France. Bruno Retailleau lui explique ce que ça signifie : "multiplication par 20". Nicolas Demorand laisse dire. Ce qui signifie qu'il ne comprend pas ce qu'il annonce lui-même.

Augmenter de 100 %, c'est doubler. Augmenter de 200 %, c'est multiplier par 3. Augmenter de 300 %, c'est multiplier par 4 ... Augmenter de 1000 %, c'est multiplier par 11. Il suffit de diviser par 100, puis d'additionner 1, et enfin d'essayer de se raccrocher au discours de notre interlocuteur, qui continuait à parler pendant qu'on calculait.

Le plus étonnant, c'est que l'AFP avait diffusé dans la nuit l'information (reprise par Le Monde à 1 h 32) selon laquelle le nombre d'actes antisémites avait progressé de 436 en 2022 à 1 676 en 2023.

En résumé, une progression de 436 à 1 676 est vue comme une multiplication par 11 par France Inter, par 20 par Retailleau, alors qu'elle est en réalité d'un facteur 3,8.


 

L'utilisation des pourcentages comme termes additifs doit se limiter aux valeurs inférieures à 100 %, sinon on y comprend que dalle !

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Mathieu Vidard, l'ombre de Trump.

Publié le par Phaustroll

 

Une fois de plus, La terre au carré, émission supposée scientifique, diffuse un message vocal d'auditeur maltraitant honteusement la science. L'auditeur, généralisant à partir de 3 exemples (ben voyons !), affirme que "plus il y a d'autoroutes [passant près d'une ville], plus il y a de chômage" (sic) dans cette ville.


Raisonnement digne de Trump, désolant sur les ondes d'Inter.


Liens passionnants et tout :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Brandolini
http://clinamen.eklablog.com/jouer-aux-echecs-avec-un-pigeon-a212470493

 

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Le transistor, invention française des années 1920.

Publié le par Phaustroll

 

Émission consacrée par Fabrice Drouelle à la tour Eiffel :

[Pendant les années 1920] la tour Eiffel diffuse tous les soirs les résultats du Tour de France, qu'on peut entendre sur les postes à transistor.

 

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Trop de mots 0001

Publié le par Phaustroll

Le titre annonce une longue série de billets...

 

À la radio, une partie de la bande passante est gaspillée par des mots en trop.

Agression à coups de couteau : heureusement, le couteau a été saisi.

Un meurtre ? On apprend que l'enquête a été confiée au Parquet.

La vitesse des vents pourrait atteindre jusqu'à 100 à 120 km/h. Les mots "jusqu'à 100 à" sont rigoureusement inutiles.

Une semaine après un tremblement de terre, est-il important d'annoncer que l'espoir de retrouver des survivants diminue ? Oui, semble-t-il.

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Vision d'apocalypse !

Publié le par Phaustroll

 

Dans un article du Monde consacré à l'éruption volcanique en Islande, la journaliste parle d'une nouvelle faille qui émerge du sol.

Je n'ose imaginer la représentation qu'a cette journaliste d'une faille qui tel un fantôme surgit pour venir hanter le village.

On lit aussi qu'est détruit par l'éruption "le conduit d’eau de la centrale géothermique", et on se demande pourquoi qu'y z'en ont pas mis plusieurs, de conduits.

 

 

 

 

 

Publié dans Comme on nous parle

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Le fonctionnement du RN enfin expliqué.

Publié le par Phaustroll

 

Récemment publiée dans L'Obs, une bédé de Lisa Mandel.

 

 

 

 

 

 

 

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Climato-scepticisme & inflato-scepticisme.

Publié le par Phaustroll

 

J'affirme - et j'ai des preuves - que les températures ne se réchauffent pas ! Ni celle de l'atmosphère, ni celle des océans, ou des calottes polaires, ni celle de ma soupe.

J'affirme - et j'ai des preuves - que les prix ne renchérissent pas ! Ni celui de l'alimentation, ni celui de l'énergie, ou des transports, ni celui d'excellence.

Mais je suis inquiet du réchauffement de l'atmosphère, des océans, des calottes polaires (pour ce qui est de ma soupe, c'est variable) ; du renchérissement de l'alimentation, de l'énergie, des transports (pour ce qui est de l'excellence, faut que je vérifie).

En quelques mots, de l'augmentation des températures, des prix. Comme on nous parle !

 

 

Publié dans Comme on nous parle

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L'industrie espagnole de l'embrayage.

Publié le par Phaustroll

 

Voir l'article sur le frein à main.

 

Publié dans Chroniques maxiennes

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Conflit israélo-palestinien : la solution à 3 États.

Publié le par Phaustroll

 

La solution proposée par un humoriste sérieux sur Inter me plaît : la solution à 3 États.

Un État palestinien et un État israélien pour les gens de bonne volonté des deux camps, et un troisième État pour que les abrutis des deux nationalités puissent se foutre sur la gueule tranquillement.

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L'industrie espagnole du frein à main.

Publié le par Phaustroll

 

À de nombreuses reprises, en cherchant un petit passage vers le Camino, ou simplement un coin isolé pour passer la nuit, nous avons dû emprunter de petites routes avec des passages en très forte pente.

Dans les rues de Santiago, cette file de voitures en stationnement dans une pente de 20 % (j'ai l’œil) me fait bien ressentir le quotidien difficile de l'Espagnol. Un bon entretien du frein à main est manifestement nécessaire chez ce peuple au demeurant fort sympathique.

 

L'industrie espagnole du frein à main.

 

... et j'écrirai prochainement un billet intitulé "L'industrie espagnole de l'embrayage". Parce que beaucoup plus souvent qu'en France, l'embrayage a fumé (il avait été changé par mes soins il y a quelques mois, et je regrette de ne pas avoir acheté un modèle garanti sans odeur).

Publié dans Chroniques maxiennes

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