• Comment j’ai fait rougir une jeune fille.

    La scène se déroule à la fin du XXè siècle, au rayon charcuterie d’un hypermarché :

    « Y m’faudrait 100 grammes de boudin. »

    Je n’ai pas dit que c’était pour une recette des frères Troisgros, et que je remplaçais le sang de lapin par du boudin. Ça n’aurait rien arrangé.

    « Euh », qu’elle dit en saisissant un rouleau de 50 m.

    Puis, une main indécise balançant le couteau au-dessus du boudin : « si je vous en mets trop, je pourrais pas vous l’enlever ».

    Je comprends son inquiétude : la veille, elle officiait probablement au rayon poissonnerie, elle manque d’assurance à son nouveau poste. Je vais la rassurer.

    D’une voix douce et le sourire débonnaire à la main, je guide la sienne :

    « un peu plus… non, un peu moins… làààààààà. Non, encore un peu… Stop, ça devrait être bon ».

    Le supplice est terminé, elle se détend, enveloppe les 13,5 cm de boudin, les pose sur la balance, qui affiche illico 100 g ! Son visage se crispe, elle me regarde d’un air incrédule, elle a assisté à un miracle, elle rougit, elle rougit ! Je tend la main, elle y dépose l’offrande, le visage inexpressif de peur de ne pas savoir exprimer ce qu’il faut.

    Je m’éloigne d’une démarche modeste.

    Et maintenant, par quoi remplacer à moindre coût le foie gras de la recette des frères Troisgros ?

     

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