• Donner le nom d'une ville à une rue, c'est lui rendre hommage (je me souviens à Brest de la "Rue de Glasgow, ville bienfaitrice").
    La ville de Marseille rend donc hommage à Constantine, avec son Avenue de Constantine. Il s'agit d'une ruelle étroite et sale, à la chaussée défoncée. Et le mot avenue, comme pour ajouter encore à la moquerie...
     

      


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  • (Billet rédigé en novembre 2008)

    Jacques-Albert Ménard, qui, en janvier 2006, avait proclamé que Nicolas Sarkozy serait élu président de la république française, et qu'un Noir serait président des États-Unis d'Amérique en 2009, a été libéré hier de l'Hôpital Psychiatrique Sainte-Marie de Privas (Ardèche), où il était soigné depuis bientôt 3 ans.


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  • Où l'on comprend la nécessité d'avoir des policiers et des gendarmes particulièrement bien formés et contrôlés :

    "Si on donne une canne à pêche à un imbécile, ça fait un imbécile heureux ; si on donne une arme à un imbécile, ça fait un imbécile dangereux."
    (Georges Moréas, ancien commissaire de police.)


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  •  Entendu sur Francinter : "Le ministre a brûlé un peu vite les étapes".

    Nous ne saurions empêcher Monsieur le Ministre de brûler les étapes, mais nous lui serions reconnaissants de le faire moins vite.

    Le langage s'use. L'expression "brûler les étapes" s'affaiblit ? On dira donc "brûler un peu vite les étapes", expression qu'on raccourcira : bientôt, on entendra sur Frinter que le ministre a brûlé un peu vite.

    Les.


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  • J'en veux à mes instituteurs (mais était-ce vraiment de leur faute) de m'avoir imbibé de la notion de faute d'orthographe.

    Il y a une telle connotation culpabilisante dans le mot « faute » que je ne supporte plus l'expression « faute d'orthographe » !

    J'utilise l'expression « erreur d'orthographe ».


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  • On entend souvent parler de personnes "en osmose", expression connotée de façon fortement positive. Mais qu'est-ce que l'osmose ?
    Le Petit Robert 1923 (je crois) donne une définition plutôt compréhensible : "phénomène de diffusion qui se produit lorsque deux liquides ou deux solutions de  concentrations moléculaires différentes se trouvent séparées par une membrane semi-perméable, qui laisse passer le solvant mais pas la substance dissoute". Application : l'osmose est employée pour la désalinisation de l'eau de mer : l'eau traverse la membrane semi-perméable, le sel reste à la porte ; ou pour purifier le sang dans la dialyse.
    Alors, quel rapport avec par exemple les acteurs "en osmose" avec le réalisateur, et d'une façon générale des personnes travaillant ensemble "en osmose"? Il s'agit probablement d'une simple histoire d'ose. On dira aussi bien (voire mieux) des personnes "en kolkhose", "en fructose", "en Mermoz", "en scoliose"...

    Peut-être aussi veut-on dire "en symbiose" (et là je vous laisse consulter le dictionnaire), mais si c'est le cas, le plus simple est d'utiliser l'expression "en symbiose". Pourquoi ne le fait-on pas ?


    A vos dictionnaires des rimes, pour trouver des expressions encore plus cons !

     


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  • Relevé dans "La science au présent 2008" (publié par Encyclopaedia Universalis), page 45, à propos d'une découverte archéologique à Nîmes :

    L'un de ces bassins contenait encore la statue grandeur nature en calcaire recristallisé du dieu Neptune.

     


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  • Ou tentative d'épuisement de la localisation des ustensiles de cuisine.


    Chère belle-maman,
    vous venez de passer à la maison une semaine, qui s'est déroulée au mieux. Je ne sais qui de vous ou de moi en est le plus méritant.
    Les jours ayant suivi votre départ se sont beaucoup moins bien passés.

    J'ai voulu faire des nouilles (1).
    Quoique ce soit une activité que je pratique assez rarement, j'y ai acquis une certaine dextérité.
    En fin de cuisson, il faut "passer" les nouilles. Le mot "passer" est assez mal employé : en effet, quand on passe des nouilles à la passoire, en réalité les nouilles restent. C'est l'eau qui passe. Mais essayez de dire "j'ai passé de l'eau". On vous regardera drôlement. J'ai voulu passer mes nouilles. Pour cela, j'ai cherché ma passoire habituelle.
    En vain.
    Ma passoire en plastique violet, avec tamis blanc, était introuvable.
    J'ai utilisé ma vulgaire passoire bleue, triste et laide.
    Les nouilles étaient fades.

    J'ai voulu touiller mon café.
    Je bois mon café sans sucre, mais il importe qu'il soit touillé.
    Après mon déjeuner, mon expresso doit être touillé avec une minuscule cuillère, qui serait juste assez grande pour nourrir un souriceau. Je m'en moque, c'est juste pour touiller mon expresso de 13 h.
    Je n'ai pas trouvé ma cuillère à souriceau, j'ai dû utiliser une cuillère à café.
    Mon café était fade.

    J'ai voulu faire une vinaigrette.
    Le bol à vinaigrette était introuvable.
    J'ai pris un bol à café.
    Ma vinaigrette était inexplicablement excellente.
    Qu'ai-je trouvé en cherchant mon bol à café ? Le bol à vinaigrette !!! Rangé au milieu des bols à café !

    Ça avait trop duré !

    Il fallait une campagne de réorganisation de MA cuisine, et pour cela écrire les règles jusqu'à présent tacites, donc sujettes à interprétation, voire à moquerie.


    Rangement des cuillères.

    • Dans le tiroir de gauche :

      • Au fond : les cuillères courtes, mais pas trop fines (à café, à moka).

      • Devant : les cuillères longues : à soupe, ou à café (pour mugs ou pots de khonfiture(2)).

    • Dans le tiroir de droite :

      • Au fond : les cuillères à café en argent, en inox, ou imitation Laguiolle avec manche en plastique coloré.

      • Devant : à droite, avec certains couteaux, les cuillères à souriceaux.

    Rangement des fourchettes.

    • Dans le tiroir de gauche :

      • A gauche : les fourchettes en acier à ferrer les ânes (qui servent pour la préparation des repas ainsi que pour le petit déjeuner).

    • Dans le tiroir de droite :

      • Au fond : les fouchettes à dessert en inox.

      • Devant : les fourchettes de table en inox (midi et soir).

    Rangement des couteaux.

    • Dans le tiroir de gauche :

      • A gauche, les couteaux utilisés à table.

      • A droite, les couteaux de cuisine de taille petite et moyenne.

    • Dans le tiroir de droite :

      • A gauche, les couteaux de table en inox (repas de gala, ou repas normaux avec viande tendre - voire molle - ou poisson).

      • A droite, les couteaux à fromage-et-dessert.

      • Devant, les trois gros couteaux à découper la viande, ainsi que la hachette que j'utilise pour montrer qu'il faut pas me chercher.

    Rangement des bols.

    • Dans le placard côté frigo : les bols utilisés pour le petit déjeuner.

    • Dans le placard côté fenêtre : les bols utilisés pour la cuisine, par exemple pour la vinaigrette.


    J'ai retrouvé la passoire au milieu des boîtes en plastique - probablement parce qu'elle était en plastique.

    Belle maman, la prochaine fois que vous viendrez passer quelques jours à la maison, ayez en mémoire tout ceci. Je vous conseille de l'imprimer.


    (1) - Dialogue extrait des "Bâtisseurs d'empire", de Boris Vian (extrait approximatif, d'après un souvenir vieux de quelques décennies, et que je rectifierai dès que j'aurai retrouvé mon bouquin) :
    - Qu'y a-t-il à manger ?
    - Des pâtes.
    - Alors faites-en.
    - Mais ce n'est pas la peine d'en faire puisque je vous dis qu'il y en a.

    (2) - Cantilènes en gelée, Chanson galante. De Vian aussi.

     


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  • On a coutume de dire "il ne faut pas trop faire telle ou telle chose..." Il s'agit là d'une véritable troptaulogie !
    En effet, comment définit-on le "trop"? Justement par ce qu'il ne faut pas faire.
    Ainsi, la phrase initiale devient "il ne faut pas faire ce qu'il ne faut pas faire".


    Sujet de réflexion : veuillez comparer les phrases suivantes :

    • il ne faut pas boire trop de vin ;

    • il ne faut pas boire trop d'eau ;

    • il ne faut pas boire trop.


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  •  

    Je sais bien qu'une langue qui ne s'use pas devient une langue morte, mais en entendant de plus en plus fréquemment employer le mot anachronisme pour paradoxe, j'en viens à me demander si les personnes qui chronomètrent se rendent vraiment compte qu'elles "mesurent le temps".


    On ne mesure pas le temps, à proprement parler : on sait juste, simplement, mesurer son écoulement. Et je ne suis pas fier de cette note : cette notion n'est pas plus claire.


    Desproges nous aurait parlé de la racine "chronos", le temps, et du préfixe "ana", très joli également.


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  • J'entends ce soir sur Francinter Nick Mason, du groupe Pink Floyd, parler en détails de la genèse d'une chanson de l'album Dark Side of the Moon, un des plus grands succès (autant artistique que commercial) de l'industrie discographique.
    Il s'agit d'un calque quasi parfait des propos de Maurice Chevalier, sur Francinter déjà, diffusés en août 1995, où celui-ci expliquait avec délectation de quelle façon sa chanson Prosper, initialement totalement anodine, avait été métamorphosée en chef-d'oeuvre par l'ajout de l'interjection "yop-là-boum" !


    Je tiens à signaler aux mal-comprenants que si je me moque ici de quelqu'un, c'est bien de Maurice Chevalier.

     


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  • J'en veux à cet excellent instituteur qui m 'a préparé à ma vie d'adulte de m'avoir dit un jour - de m'avoir fait croire - que la France était un pays à la forme harmonieuse ! Quelle supériorité j'ai alors ressentie vis-à-vis des Autrichiens, des Britanniques, des Béninois (vous avez vu le Bénin !)

    Moi, je faisais partie d'un pays aux formes harmonieuses ! Heureusement, par un mystérieux hasard, je n'ai jamais su qu'il s'agissait d'une patrie, dont j'aurais pu avoir à défendre l'harmonie. S'il y avait eu une guerre, je me serais peut-être senti obligé de donner ma vie pour ce pays aux formes si harmonieuses.

     

    Définition.

    Harmonie : sentiment que procure ce qu'on nous a appris à considérer comme harmonieux.

    L'harmonie est, au même titre que la publicité, le bootstrapp et la bulle spéculative, une construction intellectuelle auto-validée : elle est la seule à se donner du sens. Supprimez-la, il ne restera rien à l'extérieur d'elle-même pour lui donner une raison d'exister.

     

    Ce n'est pas à cet instituteur que je devrais en vouloir, mais alors à qui ? Les responsabilités se sont peu à peu diluées – au moins du 32 CH : les responsables ne sont peut-être même plus dans le système solaire.


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  •  Elle m'ennuie, cette façon qu'ont les personnes affectées d'un groupe sanguin A rhésus positif de le signaler par un "A+" à la fin de leurs messages.

    Je suis O rhésus négatif, c'est à dire donneur universel (ça me flatte, même si je n'y suis pour rien), et il ne me viendrait pas à l'esprit de terminer mes messages par O-


    Bon, je suis totalement hypocrite : par coquetterie,  je me mets à terminer mes messages par O-


    "Faut qu'ça saigne" est le refrain de la chanson de Vian "Les joyeux bouchers".

     


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  • Il est étonnant de constater à quel point les événements qui constituent la réalité se trouvent correspondre tout naturellement à l'idée que nous nous faisons de cette réalité, confortant ainsi chaque jour le bien-fondé de  nos certitudes, ainsi que des quelques convictions que nous nous tolérons - tellement le mot "conviction" est connoté négativement (1).
    Je me laisse parfois envahir par l'idée que, nos certitudes étant établies une fois pour toutes, la réalité telle que nous la percevons - à travers les filtres et les optiques déformantes que constituent le souvenir de nos rancoeurs, de nos bassesses passées et de nos renoncements, notre instinct, nos névroses - cette réalité de l'extérieur se moule à la perfection avec l'idée que nous en avons.
    Et alors nous ressentons profondément que nous sommes heureux, que nous avons raison - et que les autres sont des cons.


    Nos certitudes sont suspendues dans notre penderie à idées, et attendent qu'on vienne les chercher pour justifier nos actes. Nous ouvrons notre penderie et nous demandons avec quoi nous allons habiller ce que nous venons de faire ou de dire - mûs par des forces que nous ne comprenons pas, et croyant toujours à notre libre arbitre.

    Exemple vécu (à plusieurs reprises) : je développe une idée, forcément intéressante. Plus tard, X, qui m'a écouté attentivement, déclare
    en public : "je suis d'accord avec Faustroll, quand il dit que ..." Suit un exposé d'idées totalement étrangères aux miennes (les siennes), et qu'il vient manifestement de sortir de sa penderie à lui. Il est heureux, il a raison, et je suis d'accord avec ses idées.


    (1) Si l'on considère qu'une conviction est une certitude raisonnée. Et une certitude, ce peut être un principe.
    Mais si on considère la certitude comme une conviction raisonnée, on peut effectuer la permutation, éventuellement circulaire, des deux mots. Mon raisonnement n'en est aucunement affecté, ce qui prouve son essentielle véracité.

     


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  • Je me retrouve entorsé de la cheville depuis hier. Une balade en montagne avec Martine. Bon, mes bobos ne sont pas un sujet intéressant, mais je vais essayer de tirer des considérations générales, à portée universelle, de ce grave accident.

    1 - Contexte.
    Une randonnée pédestre nous avait amenés à des hauteurs peu avouables, en partant de Sixt-fer-à-cheval (Ote-Savoie, comme dit Cabrel).

    2 - Risquologie (je n'utilise pas le terme adéquat, d'abord pour ne pas paraître pédant, ensuite parce que je l'ai oublié).
    Alors que je parcourais le sentier descendant en bondissant, tel le bouquetin moyen, au-dessus des rochers, des cailloux & des éboulis (50 ans que je fais ça !), ma jubilation a été brutalement interrompue par une portion de sentier en vulgaire terre plate, horizontale, d'un inintérêt même pas intéressant. Et c'est là que je m'ai gamellé, marchant tranquillement, mon pied gauche se retrouvant glissant vers la pente à droite, et le reste de l'individu s'écrasant dessus. C'est totalement incompréhensible.

    Cloncusion : c'est quand c'est pas dangereux que c'est le plus dangereux.

    3 - Aspect mystique.
    Submergé par une douleur heureusement circonscrite à la cheville, je me suis traîné jusqu'à l'ombre d'un arbre proche, attendant Martine. Avant de me rejoindre, elle a eu le temps de tomber au même endroit que moi, s'en tirant avec une vulgaire écorchure au genou. Je suis allé examiner le lieu précis de ces deux accidents : rien ! Une anodinerie rarement rencontrée ! Alors pourquoi ici ? Un lieu maudit ?

    4 - Aspect pratique.

    J'ai dû descendre environ 800 mètres de dénivelé avec une foulure à la cheville, le retour à la voiture a duré environ 3 heures. J'ai descendu tout ça pratiquement à cloche-pied. Si je n'avais pas eu de bâtons de marche, je n'aurais pas pu descendre un mètre ! J'aurais dû être descendu en hélicoptère. Donc, le seul intérêt de ce message est : utilisez des bâtons ! Ça aide à la montée (utilisation des muscles des bras et des épaules, ça donne des ailes !), ça aide à la descente (très importante diminution de la contrainte sur les genoux, ce que vient de me confirmer mon toubib en même temps qu'il s'apitoyait sur ma cheville), et surtout ça permet de se sortir de situations difficiles.

     


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